La petite tribu du 01

La petite tribu du 01

Burn out

On veut assurer partout.

A la maison. Malgré l'ado qui pousse tellement tout le monde à bout que l'ambiance à la maison est invivable; qui refuse de participer aux tâches ménagères; qui travaille quand il y pense et quand ça lui plait au collège, et qui oublie régulièrement ses affaires ce qui lui a déjà coûté deux heures de colle et lui fait pendre au nez une convocation chez le principal. Malgré la deuxième qui commence à virer préado, et fait ses petites crises entre ses rendez-vous à l'orthodontiste et à l'orthophoniste. Malgré le linge à tenir à jour, la maison à ranger et nettoyer, les courses à faire, les repas à préparer, la paperasse à s'occuper...

Au travail. Malgré le changement de rythme en étant repassé à plein temps, ce qui n'est pas arrivé depuis 7 ans. Malgré la route, matin et soir, qui nous bouffe avant même d'avoir commencé. Malgré le boulot, qu'on veut toujours faire vite et bien, au cas où. Malgré les ordres, pas toujours logiques, malgré les contre-ordres qui arrivent souvent (toujours?) quand le boulot a été fait et qu'il faut le défaire. Malgré la reconnaissance qui n'existe pas. mais c'est pas grave, on est un exécutif, il y a une hiérarchie, et on n'a ni à comprendre, ni à discuter; on n'est qu'un numéro. Mais grâce aux collègues, qui nous font passer la journée dans la bonne humeur.

Avec notre homme. Qui est mal au travail. Parce que c'est la crise et que le boulot n'est plus là, tout comme la passion du métier. Parce que les salaires ne suivent pas et qu'il faut tout vérifier chaque mois. Parce que retourner 15 ans en arrière fait du bien et ouvre des perspectives, mais c'est aller vers l'inconnu, sans aucune certitudes.

Et à un moment ça pète. Pour un contre-ordre de trop, ou un gâteau qui déborde de son moule.
Et cet engrenage qui tournait parfaitement s'enraye pour un grain de sable.

C'est dans ces moments-là qu'on voit les vrais amis. Il y a ceux qui font les ignorants. Et il y a ceux qui proposent une promenade. Ou même une discussion autour d'un café. Ils ne diront pas "c'est rien, ça va passer". Peut-être parce qu'ils sont déjà passé par là. peut-être juste parce qu'ils comprennent. Et c'est ça le plus important.

Alors on se bat, et on cherche des solutions. Car les cachets aident à dormir et à récupérer, mais ne résolvent pas les problèmes.
L'ado, on monte à dossier, et on espère qu'il sera pris en internat. Il verra qu'ailleurs aussi il y a des règles. Il remontera également ses notes. Plus qu'à croiser les doigts pour que ça passe.
L'homme, un rendez-vous pour voir ce qui est possible de faire pour son rêve. En attendant, s'accrocher, en espérant que ça reparte.
Le boulot, pas grand chose à faire. A part tenter les concours pour changer. Et demander une mutation. mais je viens d'arriver sur le poste, alors peu de chance de l'avoir...

Mais c'est dans ces moments-là qu'on voit les failles dans sa famille aussi. Et c'est le plus douloureux.
Elle est sensée être un pilier, une personne vers qui on se réfugie et on se confie en cas de souci. Elle n'a jamais été comme ça. Je n'ai jamais été assez bien pour elle, je n'ai pas fait les bons choix. Et encore dans ces moments, les choix faits ne lui plaisent pas, donc elle ne cherche même pas à savoir ce qui va pas. Pourtant elle l'a vécu aussi, même si ce n'était qu'au travail. Mais elle avait le droit. Elle a un travail important, donc c'est normal. Moi...

Alors je continue le chemin, sans forcément penser à elle. et sans savoir où il me mène...



09/03/2015
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