La petite tribu du 01

La petite tribu du 01

Lettre ouverte aux hommes de ma vie.

A mon géniteur: Tu as joué au père les 14 premières années de ma vie car tu en avais le droit. Je ne sais pas si tu en avais envie, mais je sais qu'au fil des ans ce n'est pas ce que je voulais. Je ne te respectais pas, tu me terrorisais. Loin d'être mon héros, mon modèle, j'avais peur de toi, de tes réactions. Surtout quand tu avais bu. Et tu buvais souvent. Ces gestes, ces humiliations, ces mises en danger... A force de batailles, je n'ai plus eu à aller chez toi. Il a fallu du temps pour que je réalise tout ce qui s'était passé, et surtout que tu ne changeais jamais. Aller au fonds du puits pour espérer remonter. Puis j'ai réappris à vivre, à manger. Avec beaucoup de temps et de douceurs de ceux qui m'aiment, j'ai réappris à faire confiance, et à aimer. Alors j'ai pu me reconstruire sans toi, malgré toi. Tu as tellement bien caché ton jeu toutes ces années que j'ai perdu la moitié de ma famille dans mon combat pour m'en sortir.
Aujourd'hui je vais bien. Mais je n'oublie pas. Et je ne pardonne pas.

A mon papa, mon père adoptif: On s'est connu au moment où j'étais au plus mal. Et quand j'ai vu que tu aimais ma mère et que tu voulais faire partie de mes proches, j'ai mal réagi. Je me suis battue. Je ne voulais pas te faire de place dans ma vie. Comment faire confiance à un homme? Des années de patience de ta part, de mots durs et claquement de portes de la mienne. Mais j'ai vu que tu étais sincère et ne cherchais pas à me blesser. Et la carapace est peu à peu tombée. Tu es peu à peu devenu mon confident, mon papa. Maintenant je suis plus proche de toi que de n'importe qui, et je suis fière de porter légalement ton nom (en nom de jeune fille) et d'être ta fille depuis que tu m'as adoptée.

A mon Nounours, mon chéri: La première fois que je t'ai vu, je savais que ce serais toi. Pourtant, nous sommes les deux opposés: tu es un homme de la campagne, je suis une pure citadine. Tu es du matin, je suis du soir. Tu es manuel, je suis cérébrale. Seule notre caractère explosif nous  rassemble, autant qu'il provoque un feu d'artifice dans nos disputes. Mais des orages et des tempêtes, on en a traversé, et nous sommes toujours là. Quand nous nous sommes installés ensemble seulement 10 jours après avoir fait connaissance, peu de gens croyaient à notre histoire. Depuis les mauvaises langues ont appris à se taire. Pour preuve de notre amour, 7 ans de mariage, 5 enfants, une maison à notre image. Et tu sais quoi, je t'aime encore plus qu'au premier jour. Tu as appris à te servir d'internet, et c'est moi qui ai choisi notre petit village d'à peine 1000 habitants pour y construire notre nid. J'aime autant tes défauts que tes qualités, et je sais que tu seras toujours là pour me protéger.

A mon fils, mon ainé: On m'avait dit: "tu es trop jeune, tu ne t'en sortiras pas". Et pourtant tu es là, et tu fais ma fierté. Alors oui, ce n'est pas simple tous les jours. Entre l'absence de ton père au quotidien (deux jours par semaine c'est trop court) et le fait que tu rentres dans l'adolescence et ses turbulences, c'est difficile. Je fais mes armes en tant que mère avec les différentes phases de l'enfance et l'adolescence, et en tant qu'ainé, tu payes les pots cassés. Pour tout arranger, avec ta précocité, tu n'es en phase ni avec les enfants de ton âge (qui n'ont pas les mêmes raisonnements), ni avec ceux de ta classe (qui n'ont pas la même maturité et les mêmes jeux). Je ne sais pas toujours comment réagir avec toi, mais je suis là. Je suis fière de toi.



06/12/2013
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